
Son nom ne vous dit peut-être rien, mais vous avez certainement déjà vu ses créations dans votre fil d’actualités. Marie Taylor a créé sa propre maison de couture en 2025, à la suite d’études dans le design de mode et de stages chez les plus grands créateurs. J’ai eu le plaisir d’échanger avec elle pour le tout premier article de Collectif Magazine.

À 11 ans, Marie reçoit sa première machine à coudre, qui figure maintenant dans son atelier parisien.
« Je l’avais demandé en cadeau parce que j’étais passionnée de mode et je voulais commencer à faire de la couture. J’ai toujours été très manuelle, j’ai fait du dessin, de la peinture, j’allais au musée du Louvre, j’ai fait de la poterie. »
« Il n’y a jamais eu un moment dans ma vie où j’ai voulu faire autre chose que créer des vêtements. »
Marie grandit en admirant les plus grands designers. Elle s’intéresse au textile, aux matières, et elle effectue son stage d’observation de 3ème chez Peclers Paris, que l’on peut définir comme une agence de conseil en tendances, en style et en innovation. Son deuxième stage, au lycée, prend cette fois place dans les ateliers Hermès Horizon, où sont traitées les commandes hors du commun de la maison.
« Je savais qu’automatiquement ça serait une de mes passions, sachant que j’aimais énormément les grands couturiers, j’étais vraiment très intéressée par le textile, les matières. C’est toujours un truc qui m’a attiré, donc il n’a jamais été question de faire autre chose. Il n’y a jamais eu un moment dans ma vie où j’ai voulu faire autre chose que créer des vêtements. Je pense que j’ai de la chance, parce que c’est assez rare de déjà savoir ce que tu veux faire quand tu es petite. »
Peu de temps après l’obtention de son baccalauréat, Marie travaille brièvement pour la marque Koché, en apportant son aide durant les défilés de la Paris Fashion Week. Elle devient également assistante au Divan du Monde et chez Madame Arthur, où elle assiste les couturiers pour la confection des tenues de cabaret.

En septembre 2019, Marie entre à l’Institut Français de la Mode afin d’obtenir un Bachelor of Arts in Fashion Design, qui mènera Courrèges à l’embaucher, ce qu’elle décrit comme une expérience très formatrice qui a précédé la création de sa propre marque en 2025.
« Ils m’ont donné une chance directement quand j’ai fini mes études, ils sont venus me chercher pour que je fasse un stage chez eux, j’ai été repérée par un des designers. J’ai énormément appris, ne serait-ce que les rôles des corps de métier qu’il y a dans une grande maison. Actuellement, je suis toute seule avec ma marque, mais je sais que je fais le travail de cinq personnes différentes car je sais quel genre de métier il faut pour faire marcher une marque. Je l’ai appris chez Courrèges, il y a le studio, l’atelier, toutes les personnes qui s’occupent du marketing, de trouver les tissus, les fournitures, la communication, etc. Je me suis hyper bien entendue avec tout le monde, ils ont été accueillants avec moi, je me suis faite des amis pour la vie là-bas. Quand je suis partie pour prendre du temps pour moi et créer ma marque, je l’ai fait en ayant un peu d’expérience et en sachant où j’allais. Évidemment, il faut toujours plus d’expérience. »



Créatrice inspirée de l’era Tumblr d’Internet, elle a rencontré un grand succès sur les réseaux sociaux au début de l’année avec sa robe iPod, une robe tube moulante, souvent flashy, qui rappelle immédiatement la forme d’un iPod nano avec son flocage reprenant son écran et son pavé directionnel. Tout d’abord vu sur Kalika et Tess Kirby sur la cover de leur single “BALLERINES DE BOURGE” en janvier, la robe a connu un succès international lorsqu’elle a été portée sur scène par Théodora et Zara Larsson en l’espace de quelques jours.
Si vous fouillez Pinterest, vous trouverez facilement l’inspiration derrière ce design : des étudiantes ont confectionné leur propre robe iPod avec du ruban adhésif et du papier, au courant des années 2000.
Cette robe nostalgique signée Marie Taylor est disponible sur le site de la marque en 3 coloris différents : 2 modèles gris floqués des albums The Fame de Lady Gaga et THE E.N.D. du groupe Black Eyed Peas, ou une version mauve, qui cette fois revendique l’album incontournable de Madonna sorti en 2005, Confessions on a Dance Floor.
« C’était principalement les albums que j’avais dans mon iPod nano. Pour moi, l’album des Black Eyed Peas et celui de Madonna, ce sont les premiers qui me sont venus en tête. Les gens qui ont eu un iPod ont toujours un album en tête qu’ils voyaient apparaître. Ça peut être un album de Justin Bieber, moi c’étaient ceux-là. En termes d’iconographie, ce sont ceux qui, à mon avis, allaient faire le plus penser à cette nostalgie, à cette époque-là. C’était les albums les plus populaires, tout le monde écoutait ça, ça allait toucher le plus de monde possible et c’est ce que je voulais quand j’ai créé cette robe iPod. »


« Ce qui est cool, c’est que maintenant je la customise pour plein d’artistes différents, ils ont l’occasion d’avoir leur album sur la robe. C’est un peu une consécration, comme si à l’époque ils avaient eu leur album en photo dans l’iPod, et ça, je pense ça fait kiffer n’importe quel artiste, puisque c’est directement un bond dans le passé et c’est trop cool. »

Par la suite, en mai, la créatrice de contenu et styliste MV Tiangue fait appel à Marie Taylor afin d’habiller la chanteuse Eva pour sa montée des marches du Festival de Cannes 2026. Le résultat surprend : Marie met de côté les textiles flashy et le flocage pour laisser place à de la dentelle et des rubans.
Un look inattendu pour la chanteuse, et peut-être même pour la couturière, qui doit sa renommée à ses designs colorés et audacieux.

« Mes inspirations, c’est la dentelle. J’aime énormément tout ce qui est vintage, le 18ème siècle, 19ème, début du 20ème. Je suis très inspirée par cette période-là. Les petits noeuds en velours, la dentelle, pour moi ce sont vraiment des matières qui me parlent. Je regarde aussi beaucoup d’anciennes collections de Chanel des années 1990 et 2000, de Tom Ford, Marc Jacobs etc. Ça m’a inspiré pour ce look. C’est vraiment les coupes de la belle époque. »
Un style plus doux que l’on peut retrouver sur son site, avec la robe « Pearl », qui est disponible avec deux longueurs différentes.


En seulement 1 an, Marie Taylor a déjà conquis les clients les plus en vogue et prisés par les designers. Il est alors inévitable de se demander jusqu’où ira son succès dans les prochaines années.
« J’imagine que ça sera devenu une maison beaucoup plus grande, que j’aurais une équipe pour travailler et que je ne serais plus seule. Mon objectif, c’est de faire des défilés, créer des événements qui vont être grandioses plus tard. En même temps, je ne me mets pas du tout la pression sur ce que va devenir la marque, j’avance vraiment à mon rythme. Comme je l’ai dit, je suis toute seule, donc je ne dépend que de moi-même. J’ai en tout cas de grandes ambitions, mais je ne veux pas que ça soit démesuré pour le moment. Je veux vraiment prendre le temps de bien faire les choses, de savoir où je vais pour ne pas trahir l’identité de la marque. »
Évoluer, ça veut aussi dire trouver sa clientèle ! Même si Marie mêle plusieurs styles à travers ses collections et designs sur mesure, elle a une idée claire sur les clients idéaux de sa maison.
« Je sais qui est la Marie Taylor girl, c’est une fille qui est fraîche, une party girl, qui est fun, qui s’en fout un peu mais qui est un petit peu sexy, un peu camp. À côté de ça, ça peut être n’importe qui aussi parce que je n’exclus personne, évidemment. En tout cas l’image de la Marie Taylor girl pour moi c’est ça. »

